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ABATTAGE DE PROXIMITE
26.11.2018

Abattre les animaux à proximité des fermes: un enjeu pour le maintien de l'élevage dans nos territoires

Le camion abattoir autrichien

Cela fait presque un an que des éleveurs, des chercheurs, des distributeurs et des consommateurs sont engagés, aux côtés du Parc du Luberon, dans un projet visant à expérimenter des formes innovantes d'abattage de proximité, complémentaires aux abattoirs existants, dans le Luberon. Les porteurs du projet, piloté par la Confédération paysanne, organisaient un point d'étape en présence d'une quarantaine d'acteurs1 du territoire, ce lundi 26 novembre à Caseneuve.

L'abattage est au cœur multiples enjeux. La région a vu disparaître une dizaine d'abattoirs en 15 ans. L'inadéquation des structures qui subsistent ou leur éloignement géographique, fragilisent le modèle économique des petites et moyennes fermes et posent la question du maintien de l'élevage dans nos territoires. C'est particulièrement vrai pour les éleveurs ovins qui se trouvent dans une situation fragile du fait de leur dépendance aux aides PAC* et d'une structuration de la filière qui rend difficile la vente en circuits courts plus rémunérateurs. Quant aux éleveurs de chèvres, s'ils écoulent très bien leurs produits laitiers en vente directe, ils ne valorisent pas la viande, faute d'outils adaptés. La perte économique et l'incohérence qui résultent de ce gaspillage conduisent nombre d'entre eux à faire abattre clandestinement leurs bêtes à la ferme.

Le maintien de ces élevages est également mis en péril par les récents scandales de mal-traitance animale dans les abattoirs, conduisant certains citoyens à militer pour une agriculture sans élevage.

La prise de conscience de la société civile vis-à-vis du bien-être animal nous enjoint à proposer des solutions d'abattage dans des structures proches des fermes, ou sur les fermes, afin de réduire les temps de transport et d'améliorer les conditions de la mise à mort en limitant les sources de stress et de souffrance de l'animal.

Le contexte est favorable à l'émergence de nouveaux outils répondant aux préoccupations économiques, mais aussi morales, des différentes parties prenantes.

Les collectivités sont, en effet, incitées par la loi, à reprendre en main la question de l'alimentation à travers des projets alimentaires territoriaux tel que celui mené par le Parc du Luberon depuis deux ans,

Par ailleurs, la récente Loi Agriculture et Alimentation ouvre enfin la possibilité d'expérimenter des outils d'abattage mobiles pendant une durée de quatre ans. La création d'abattoirs « pilote » permettra d'identifier les points de la réglementation européenne qui nécessitent des assouplissements spécifiques à ce type d'outils, dans l'objectif de leur sécurisation juridique.

Expérimenter un outil pilote dans le Luberon. Au terme d'une année d'enquêtes auprès d'une centaine d'acteurs, un groupe mixte s'apprête à travailler, en 2019, à la faisabilité d'un outil d'abattage pour les élevages dont les besoins ne sont actuellement pas satisfaits. Les attentes convergent vers un outil mobile pour les ovins et caprins, qui se déplacerait sur des aires collectives. Quelque soit sa forme, cette structure devra respecter les exigences sanitaires, par des moyens adaptés, et permettre des conditions d'abattage respectueuses des animaux. L'outil sera conçu pour un volume d'abattage modeste, et destiné à des éleveurs et éleveuses engagé-e-s en circuits courts.

L'existence d'outils de proximité conditionne le maintien et le développement de systèmes d'élevage « durables » par leurs pratiques et leurs impacts positifs pour le territoire.


En téléchargement :

    Note de synthèse intermédiaire
Crédits photos : Collectif Quand l'abattoir vient à la ferme
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