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11.09.2026

Face aux crises qui se multiplient, la Confédération paysanne PACA a porté hier la voix des paysan·nes auprès du préfet de Région et de la DRAAF

11.09.2026 -

Yannick Becker, porte-parole (04), Jean-Charles Bureau (13) et Sylvain Apostolo (83), devant la préfecture du 13.

[Communiqué de presse, le 11/09/2026] Face aux crises qui fragilisent les fermes et l’avenir de l’agriculture, la Confédération paysanne PACA a porté hier ses revendications auprès du préfet de Région et de la DRAAF. Nous avons rappelé que l’avenir de notre agriculture ne se construira pas sans les paysan·nes et que l’État doit prendre ses responsabilités envers l’agriculture et les territoires.
Le pluralisme agricole en danger
L'agriculture n'a jamais eu autant besoin de fermes autonomes, nombreuses et résilientes pour répondre aux défis climatiques et sociaux. Pourtant, les financements destinés aux structures qui défendent l'agriculture paysanne sont supprimés à tours de bras ! 
Nous avons donc rappelé l'urgence de garantir la prise en compte de la parole paysanne, de défendre le pluralisme agricole et syndical et d'assurer une répartition équitable des financements publics en région.
 
Après un été dramatique pour les fermes
Nous avons également fait part de nos fortes réserves sur le contenu du plan « CASI » annoncé par la ministre de l'Agriculture, dont les mesures sont très insuffisantes au regard de l'ampleur des dégâts :
Un montant dérisoire, reposant en grande partie sur des mesures et des budgets déjà existants.
80% des fermes laissées de côté, car elles ne sont pas assurées.
Des dégrèvements de taxe foncière destinés aux propriétaires, sans garantie qu'ils bénéficient réellement aux fermiers, qui représentent pourtant les deux tiers des exploitant·es agricoles en PACA. Cette mesure coûtera cher à mettre en œuvre pour l'administration, alors que le budget aurait été bien plus utile s'il avait été directement versé aux fermes.
Une souffrance physique et morale largement ignorée, alors même que le budget d'aide au répit est déjà entièrement consommé.
La Confédération paysanne rappelle aussi que les salarié·es agricoles ont été durement éprouvé·es cet été. Les employeurs doivent pouvoir disposer de moyens pour les protéger et les accompagner.
 
Préparer l'avenir, pas seulement réparer
Au-delà des aides d'urgence, des mesures structurelles sont indispensables.
Après cet épisode caniculaire, pas une seule ferme ne doit disparaître. Et si certaines cessations étaient malgré tout inévitables, les terres libérées doivent servir à l'installation, et non à l'agrandissement. Les outils existent : encore faut-il appliquer les politiques publiques.
Nous avons également défendu la construction d'une véritable politique pastorale, notamment pour prévenir les incendies : faciliter l'accès aux zones à débroussailler et les conventions de pâturage, repenser la restauration des zones brûlées pour permettre la cohabitation des enjeux, financer l'investissement nécessaires … Au lieu de ça, les éleveurs doivent aujourd'hui multiplier les démarches et subir des contrôles pour prouver qu'ils ont le droit de pâturer, alors qu'ils rendent un véritable service d'intérêt général !
 
Défendre les abattoirs de proximité
Pour maintenir le pastoralisme, il faut aussi préserver les outils qui permettent de valoriser la production. Nous avons donc insisté sur la nécessité de sauvegarder les abattoirs de proximité, notamment celui de Digne, essentiel aux producteurs et productrices en circuit court et en agriculture biologique dans toute la région. Nous avons également rappelé l'importance de l'abattoir de Puget-Théniers, dont les éleveur·ses attendent depuis trop longtemps la réouverture de la salle de découpe.
 
Ne pas oublier la filière apicole
Enfin, nous avons alerté sur la situation de l'apiculture en PACA. Indispensable à l'agriculture et à la biodiversité grâce aux services de pollinisation qu'elle rend, la filière fait face à de lourdes difficultés structurelles : réchauffement climatique, crise de la lavande et pression parasitaire. Face à ces difficultés, elle ne bénéficie même pas d'une couverture par le système assurantiel privé.
 
==> L'État doit désormais jouer pleinement son rôle d'arbitre, dans l'intérêt général, et faire appliquer les politiques publiques nécessaires au maintien d'une agriculture durable et à la préparation de l'avenir, car l'été que nous venons de vivre n'est qu'un avant-goût des bouleversements à venir.

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